{"id":31,"date":"2008-02-26T20:46:00","date_gmt":"2008-02-26T20:46:00","guid":{"rendered":"http:\/\/patrologialatinagraecaetorientalis.wordpress.com\/2008\/02\/26\/in-memoriam-louis-doutreleau-sj\/"},"modified":"2008-02-26T20:46:00","modified_gmt":"2008-02-26T20:46:00","slug":"in-memoriam-louis-doutreleau-sj","status":"publish","type":"post","link":"http:\/\/plgo.org\/?p=31","title":{"rendered":"In memoriam: Louis Doutreleau, s.j."},"content":{"rendered":"<div style=\"text-align:center;color:rgb(204,0,0);font-weight:bold;font-family:lucida grande;\" class=\"h1-statique\"><span style=\"font-size:130%;\"><a name=\"memoires\">M\u00e9moires d&#8217;un papyrologue<\/a>, par \u2020 <a href=\"http:\/\/www.sources-chretiennes.mom.fr\/index.php?pageid=figures#doutreleau\" class=\"std\">Louis <span class=\"auteur\">Doutreleau<\/span>, s.j.<\/a><\/p>\n<p><\/span><\/div>\n<div style=\"text-align:justify;\">  <\/div>\n<div style=\"text-align:center;\"><img decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.sources-chretiennes.mom.fr\/img\/manuscrit_livre\/manuscrits_anciens\/Doutreleau_L2.jpg\" \/>   <\/div>\n<div style=\"text-align:justify;\">    <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">\u201c Vous vous rappelez la petite collection de papyrus qui se constituait, sans m\u00eame que j\u2019y songe, autour de moi. Ces papyrus s\u2019appelaient les uns les autres par une sorte de magn\u00e9tisme : on aurait dit que, depuis leur dispersion, ils regrettaient de n\u2019\u00eatre plus ensemble et qu\u2019ils avaient trouv\u00e9 comme un point de ralliement dans mes propres armoires. \u00c9coutez cette histoire. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\"> Je fr\u00e9quentais volontiers de respectables messieurs qui avaient, en leur vie d\u00e9j\u00e0 longue, particip\u00e9 au d\u00e9veloppement d\u2019Instituts scientifiques. L\u2019un d\u2019eux me dit un jour : \u00ab Dans une vieille armoire de notre maison \u2013 (elles jouent un grand r\u00f4le en papyrologie, les armoires !) \u2013 j\u2019ai trouv\u00e9 des papyrus dont j\u2019ignore l\u2019origine : des rouleaux un peu fracass\u00e9s et des pages plates, \u00e9troites et assez longues. J\u2019ai essay\u00e9 d\u2019y mettre de l\u2019ordre. Venez voir. \u00bb <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Je pris un certain temps avant d\u2019aller voir. Mais le jour o\u00f9 il m\u2019ouvrit ses armoires, je reconnus tout de suite des papyrus de Toura. Il les avait bien trait\u00e9s. Mes yeux \u00e9blouis contemplaient alors pr\u00e8s de 80 pages, de plusieurs \u00e9critures, bien lisibles, bien nettes : une red\u00e9couverte inattendue ! Je dus me contenter de f\u00e9liciter leur heureux possesseur, tandis que les papyrus retrouvaient leur armoire. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\"> Deux ans passent. Je le rencontre plusieurs fois, nous n\u2019en parlons plus. Un jour, il vient \u00e0 ma recherche, un paquet dans les mains \u00ab Tenez ! me dit-il, les voil\u00e0 ! \u00bb Je reste interloqu\u00e9\u2026 Il me les tend. \u00ab C\u2019est s\u00e9rieux, je ne veux plus les garder. Ils vous seront utiles, ils sont \u00e0 vous ! \u00bb Discussion : il a de graves raisons ! Je comprends que le ciel peut lui tomber sur la t\u00eate\u2026 Il me convainc. Je prends les papyrus. J\u2019y mets une condition : il viendra les chercher si le ciel devient serein, quand il voudra. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Je me mis au travail, car il y avait des textes qui compl\u00e9taient les lacunes de ceux dont j\u2019avais commenc\u00e9 la lecture\u2026 <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Longtemps apr\u00e8s, le revoil\u00e0, la mine un peu basse. Vous devinez pourquoi\u2026! Je lui rends les papyrus, sans plus. Il s\u2019excuse. Je me demande ce que deviennent les papyrus ? Il ne m\u2019en a rien dit\u2026 <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\"> J\u2019ai su plus tard o\u00f9 avait pass\u00e9 la moiti\u00e9 de ce lot. Se tenait alors en Europe un Congr\u00e8s de Papyrologues : un des membres du Congr\u00e8s m\u2019aborde, me parle de ce texte, de son grec tardif, des Psaumes qu\u2019il commente\u2026 Il l\u2019a d\u00e9chiffr\u00e9\u2026 Mais il se demande en professeur de grec ce qu\u2019il pourrait en faire. J\u2019ai pu lui donner des \u00e9claircissements. Comme le texte appartenait \u00e0 un ensemble dont il n\u2019avait pas la disposition, il a renonc\u00e9 \u00e0 le publier lui-m\u00eame. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\"> Et l\u2019autre partie du lot ? Si invraisemblable que cela paraisse, il se retrouva anonyme- ment vers\u00e9 dans les armoires du Mus\u00e9e. Mais il fut,\u2013 bien plus tard \u2013 , reconnu et dot\u00e9 alors d\u2019un num\u00e9ro d\u2019inventaire. Le ciel ne pouvait plus tomber sur la t\u00eate du timor\u00e9 d\u00e9tenteur. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">J\u2019apprends un jour discr\u00e8tement qu\u2019un collectionneur, bien connu des antiquaires sur la place du Caire, d\u00e9tient un lot de papyrus de nature \u00e0 m\u2019int\u00e9resser. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Travaux d\u2019approche pour la rencontre. Les interm\u00e9diaires sont favorables. Il est convenu d\u2019une heure o\u00f9 je pourrai me pr\u00e9senter le lendemain. Je me pr\u00e9pare. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Le lendemain, \u00e0 l\u2019heure du rendez-vous, on me retient\u2026 J\u2019apprends que le patriarche de la famille est d\u00e9c\u00e9d\u00e9 dans la nuit ! Mes espoirs s\u2019\u00e9vanouissent. Pourront-ils lui survivre ? <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Ils ne sont pas compl\u00e8tement perdus, mais le deuil les a report\u00e9s \u00e0 une date que nul ne peut pr\u00e9voir. Je n\u2019ignore pas que l\u2019Administration est rigoureuse en ce pays et que les expertises donnent lieu \u00e0 des \u00e9carts qui requi\u00e8rent toujours une s\u00e9rie de contre-expertises, qu\u2019on fait suivre de s\u00e9ances de conciliation qui n\u2019en finissent plus, surtout si l\u2019un des experts multiplie par dix l\u2019estimation de l\u2019autre. Je m\u2019attends \u00e0 des retards disons pharaoniques. Mon temps de professeur au Caire suffira-t-il pour soulever la lourde dalle administrative qui p\u00e8se sur mes espoirs ? <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">J\u2019enqu\u00eate toutefois dans l\u2019entourage de la famille. Je me fais conna\u00eetre. La famille reste favorable, mais les contraintes l\u00e9gales du r\u00e8glement de l\u2019h\u00e9ritage interdisent de d\u00e9placer quoi que ce soit. Attendons ! <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">La grande presse se fait l\u2019\u00e9cho des discussions d\u2019experts. Il para\u00eet, du moins on le dit dans cette presse, que les experts \u00e9trangers ne sont pas qualifi\u00e9s pour les antiquit\u00e9s \u00e9gyptiennes. On multiplie les raisons. \u00c7a tra\u00eene, \u00e7a tra\u00eene ! Qu\u2019y a-t-il l\u00e0-dessous ? <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Les jours passent ; les ann\u00e9es\u2026Devra-t-on recourir \u00e0 l\u2019Am\u00e9rique, qui a, dit-on en politique, le don de concilier les inconciliables ? Quoi qu\u2019il en soit, un jour, dans la cour d\u2019entr\u00e9e, deux jeunes hommes me demandent. Je ne les connais pas. En souriant, l\u2019un me tend un fort coffret en bois et me dit simplement : \u201cIls sont l\u00e0 !\u201d, comme si c\u2019\u00e9tait la conclusion d\u2019un long entretien. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Je n\u2019en reviens pas. Ils me disent que les scell\u00e9s sont lev\u00e9s et que tout est \u00e0 ma disposition. Tout ? Qu\u2019est-ce \u00e0 dire ? <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Eux-m\u00eames n\u2019ont pas regard\u00e9 : le coffret est rempli, tel que les experts ont pu le voir. Il para\u00eet qu\u2019ils ne l\u2019ont pas touch\u00e9. Je d\u00e9balle un peu, j\u2019\u00e9tale ; chaque petit groupe est envelopp\u00e9 dans du papier pelure, j\u2019essaye de compter ; cela me d\u00e9passe. Plus tard, lors de comptes minutieux, je saurai qu\u2019on arrive, en rapprochant les fragments, \u00e0 418 pages. Vraiment, la f\u00e9e des papyrus a pr\u00e9sid\u00e9 \u00e0 toute l\u2019op\u00e9ration. Je prends \u00e0 t\u00e9moin mes deux bienfaiteurs. Ils d\u00e9couvrent les choses en m\u00eame temps que moi : je leur ferai un relev\u00e9 d\u00e9taill\u00e9. Ils gardent, bien s\u00fbr, la propri\u00e9t\u00e9 des papyrus, mais ils me laissent celle du texte. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Ce jour-l\u00e0, dans toute la ville du Caire, auriez-vous trouv\u00e9 un papyrologue plus heureux. ? <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">D\u00e8s lors, le bonheur r\u00e9side dans le travail. Il se trouve enferm\u00e9 dans la masse des vieux \u00e9crits. Plus ceux-ci sont nombreux et<br \/>\ndivers, plus difficiles \u00e0 d\u00e9chiffrer, plus d\u00e9licats \u00e0 rapprocher les uns des autres, fragments par fragments, plus alors apportent-ils de satisfactions dans le d\u00e9voilement des secrets qu\u2019ils contiennent. C\u2019est donc avec une certaine gourmandise que je me mets au travail. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Je sors pieusement de la caisse les petits paquets enferm\u00e9s dans du papier : autant qu\u2019on a pu, on a laiss\u00e9 aux papyrus eux-m\u00eames la forme qu\u2019ils avaient au sortir de la grotte : bien \u00e9tal\u00e9s les uns, mais combien d\u2019autres recroquevill\u00e9s, roul\u00e9s, pli\u00e9s, cass\u00e9s, ou r\u00e9duits en fragments disparates ! On comprend que les uns soient des feuilles \u00e0 plat, mais pourquoi l\u2019enroulement, le sectionnement, l\u2019attache des autres ? On se doute qu\u2019il y a eu, \u00e0 la mise en d\u00e9p\u00f4t jadis dans la grotte, des choix, des intentions, des r\u00e9probations\u2026 Peut-\u00eatre que l\u2019on pourra savoir, par la pr\u00e9sence et la teneur des textes, s\u2019il y en eut d\u2019\u00e9limin\u00e9s ? Et si c\u2019est \u00e0 Orig\u00e8ne qu\u2019on en voulait, pourquoi en avoir gard\u00e9 quand m\u00eame quelques textes \u2013 dont le fameux Dialectos in\u00e9dit \u2013 et avoir sauvegard\u00e9 un grand nombre de commentaires didymiens sans grande importance ? <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Ainsi se pressaient les pens\u00e9es du papyrologue au cours de la longue inspection des \u00e9l\u00e9ments du coffret : travail de micro-heuristique, soulevant une poussi\u00e8re de questions insolubles au d\u00e9part, mais qui devraient la plupart du temps trouver leur solution dans la suite. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">J\u2019ai cependant un travail d\u2019une autre sorte. Si je le manipule, si seulement je le touche sans pr\u00e9caution, mon papyrus se casse, les bords tombent, de minuscules fragments se d\u00e9tachent, de plus gros aussi,\u2026pertes souvent irr\u00e9m\u00e9diables ! Alors, de papyrologue-qui d\u00e9chiffre je me fais papyrologue qui menuise. O. Gu\u00e9raud, ancien conservateur au Mus\u00e9e, m\u2019avait averti : \u00abVous devrez vous faire une caisse qui se ferme. Vous y \u00e9talerez, sur une grille qui ne rouille pas et qui surplombera des bacs humides, les papyrus que vous aurez \u00e0 d\u00e9rouler. \u00bb <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Va pour la caisse ! Elle m\u2019a effectivement rendu de grands services. S\u2019il avait fallu me contenter de la m\u00e9thode des paysans pour humidifier les papyrus, j\u2019aurais achet\u00e9 des feuilles de chou \u2013 elles restent humides plus longtemps \u2013 ; je les aurais m\u00e9lang\u00e9es sans piti\u00e9 aux papyrus, et j\u2019aurais vendu ces derniers souples comme de l\u2019\u00e9toffe. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">M es papyrus ne sont pas \u00e0 vendre, mais d\u2019o\u00f9 viennent-ils ? <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">On se souvient des rafles de la police dans les jours qui ont suivi la d\u00e9couverte. Au bout d\u2019un certain temps, elles cess\u00e8rent, et les premiers d\u00e9tenteurs purent vendre ce qu\u2019ils avaient r\u00e9ussi \u00e0 dissimuler. Tel antiquaire re\u00e7ut d\u2019un collectionneur la charge de se procurer tout ce qu\u2019il y avait sur le march\u00e9 : ce furent les 418 pages mentionn\u00e9es plus haut. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">De petits moyens m\u2019ont permis de r\u00e9aliser la caisse d\u2019humidification. Mais une fois d\u00e9pli\u00e9s les papyrus, une fois agenc\u00e9s les fragments et r\u00e9alis\u00e9 le puzzle de chaque page, o\u00f9 mettre, o\u00f9 garder, o\u00f9 pr\u00e9server les r\u00e9sultats laborieusement acquis ? Entre des plaques de verre ? on a vu plus haut \u00e0 quoi cela aboutit&#8230; Entre des buvards ? c\u2019est provisoire&#8230; <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">J\u2019ai consult\u00e9 mes g\u00e9n\u00e9reux donateurs. J\u2019aurai ce qu\u2019il faudra pour mettre le tout sous cellophane, et m\u00eame pour photographier les textes qui m\u2019int\u00e9ressent le plus. J\u2019ai plaisir \u00e0 dire ici la reconnaissance que je leur dois. Sans cet encouragement, mon fonds de papyrus serait rest\u00e9 muet. De beaux d\u00e9bris qui auraient jonch\u00e9 les armoires une fois de plus, des ossements dess\u00e9ch\u00e9s comme ceux d\u2019Ez\u00e9chiel sans l\u2019esprit qui les fait revivre ! <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Du fond de l\u2019Allemagne, justement, me parvient un appel au secours. Ils ont l\u00e0-bas, eux aussi, leurs papyrus de Toura, car tout ce qui a \u00e9t\u00e9 ramass\u00e9 parall\u00e8lement aux papyrus destin\u00e9s au Mus\u00e9e , n\u2019est pas rest\u00e9 en Egypte. Il y a donc en Allemagne une page \u00e9trangement d\u00e9chiquet\u00e9e, impossible \u00e0 lire, puisqu\u2019on lui a enlev\u00e9 une large surface, comme on enl\u00e8verait le fond d\u2019une assiette. Ils me demandent si je n\u2019ai pas, par hasard, ce fond qui serait la seule fa\u00e7on \u2013 qu\u2019on m\u2019excuse de l\u2019image ! \u2013 de remplir leur assiette. J\u2019ai beau chercher, il n\u2019est pas dans ma caisse. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Mais j\u2019ai vu, un jour, dans mes d\u00e9buts, lors d\u2019une visite inopin\u00e9e chez un homme cultiv\u00e9, un fragment de papyrus qu\u2019il m\u2019a laiss\u00e9 recopier. Pour lui, pour moi, c\u2019\u00e9tait une sorte d\u2019inutilit\u00e9, comme un amusement. Mais lui, il tenait \u00e0 la pi\u00e8ce ; il la gardait ; moi, je tenais au texte ; je le mettais en r\u00e9serve. Et voici qu\u2019aujourd\u2019hui en comparant les deux textes, le fond de l\u2019assiette du Caire s\u2019adaptait parfaitement au bord de celle de Cologne. Heureuse compl\u00e9mentarit\u00e9 ! <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Ce fut le d\u00e9but d\u2019une collaboration qui alla bien plus loin, puisque Cologne sut admirablement faire honneur au menu dont cette assiette pouvait appara\u00eetre comme un symbole ! Je ne dirai pas ici la bonne vingtaine d\u2019ouvrages que l\u2019Institut f\u00fcr Altertumskunde zu K\u00f6ln a consacr\u00e9s aux Papyrus de Toura, mais je me dois de remercier le Professeur Reinhold Merkelbach de m\u2019avoir associ\u00e9 avec beaucoup d\u2019honneur \u00e0 la publication du travail de son \u00e9quipe sur les textes de Didyme. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Mon bonheur de papyrologue s\u2019\u00e9talait, au long des jours, sur les papyrus du coffret, d\u00e9roul\u00e9s sans casse gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019humidit\u00e9. S\u2019accroissait aussi chaque jour la satisfaction de reconstituer des pages enti\u00e8res avec des fragments dispers\u00e9s. C\u2019est un plaisir de r\u00e9v\u00e9lation , cette recherche qui fait \u00e9merger ligne par ligne et parfois mot par mot, les textes enfouis depuis si longtemps au plus profond de la terre ! Personne ne devrait venir troubler le savant pench\u00e9 sur sa d\u00e9couverte ; il est aux prises avec le pass\u00e9, et dans cette lutte o\u00f9 rien ne presse, il a besoin du calme qui conditionne l\u2019exactitude de ses prises. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Il \u00e9tait facile de ranger les grandes feuilles ; elles avaient \u00e9t\u00e9 num\u00e9rot\u00e9es autrefois, et leur \u00e9criture ainsi que leurs dimensions imposaient de les attribuer \u00e0 cinq codex diff\u00e9rents. Par la num\u00e9rotation ancienne, il \u00e9tait possible de compter les pages qui manquaient. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Cela valait pour les pages enti\u00e8res. Mais les autres, celles qui ne portaient pas de num\u00e9ro, c\u2019est-\u00e0-dire cet ensemble de fragments qui jonchaient proprement le fond de la corbeille ? <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Pour eux, le papyrologue se transforme en restaurateur de mosa\u00efque. Tous les indices sont bons pour rapprocher les morceaux : l\u2019\u00e9criture, le sens des mots, lisibles ou mutil\u00e9s, la forme de la cassure, l\u2019encrage, l\u2019orientation des fibres du papyrus\u2026 ; aucun de ces indices ne peut \u00eatre n\u00e9glig\u00e9 pour une restauration authentique. Mais le papyrologue doit aussi faire preuve d\u2019intuition ; il lui faut entrer dans l\u2019illumination de son texte, prendre le m\u00eame esprit que l\u2019auteur dont il d\u00e9gage les pens\u00e9<br \/>\nes. Il lui faut cerner patiemment les mots d\u00e9couverts pour retrouver, pour deviner, puis implanter les autres, qui se cachent ou qui sont perdus. Il lui faut faire siens le style et les mani\u00e8res de son auteur.En un mot, \u00eatre tout entier pr\u00e9sent \u00e0 un pass\u00e9 qui joue \u00e0 cache-cache avec de l\u2019infinit\u00e9simal. Regardez notre homme : une l\u00e9g\u00e8re pince entre les doigts, il place et replace les fragments les uns \u00e0 c\u00f4t\u00e9 des autres, forme des mots, juge de l\u2019ensemble, ne s\u2019en satisfait pas, recommence avec d\u2019autres : il restaure. C\u2019est un art. Et cela m\u2019a pris beaucoup de temps. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Et si je vous en parle, si vous comprenez qu\u2019il faut du temps et de la tranquillit\u00e9 d\u2019esprit pour cette remise \u00e0 la lumi\u00e8re d\u2019un texte ancien, vous comprendrez mieux quel trouble et quelle frayeur balay\u00e8rent la tranquillit\u00e9 de mon esprit quand, \u00e0 cette \u00e9poque, au Caire, surgirent de tous c\u00f4t\u00e9s, en l\u2019espace d\u2019une matin\u00e9e, des s\u00e9ditieux pr\u00eats \u00e0 ravager loisirs et culture qui n\u2019\u00e9taient pas les leurs. Ce fut l\u2019une des plus grandes frayeurs de ma vie. Didyme faillit y perdre sa renaissance. L\u2019Egypte changeait de r\u00e9gime. Dans l\u2019entre-deux, la ville, livr\u00e9e aux \u00e9meutiers, se couvrait d\u2019incendies. Nous \u00e9tions environn\u00e9s d\u2019immeubles et de maisons en feu. Nous-m\u00eames sans protection, nous risquions le pire. Ma pr\u00e9occupation allait aux papyrus : le coffre-fort o\u00f9 je les avais enferm\u00e9s n\u2019e\u00fbt pas tenu longtemps dans un brasier g\u00e9n\u00e9ral. Alors, me disais-je, un pass\u00e9, d\u00e9j\u00e0 si miraculeusement pr\u00e9serv\u00e9, allait-il devenir de la fum\u00e9e ? Quel poids d\u2019int\u00e9r\u00eat pouvaient repr\u00e9senter \u00e0 l\u2019esprit des incendiaires les mini-fragments qui se balan\u00e7aient au bout de mes petites pinces ? On devine quelles furent mes pr\u00e9occupations de ce moment. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Heureusement que les \u00e9v\u00e9nements tourn\u00e8rent court ! Les \u00e9meutiers pass\u00e8rent \u00e0 grands cris et grandes menaces. Les papyrus, derri\u00e8re leurs portes cadenass\u00e9es, sourds au pr\u00e9sent, ne se dout\u00e8rent de rien ! <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">J\u2019avais eu en \u00c9gypte avec Toura une aire de travail assez vaste. J\u2019y avais ouvert, peut-on dire, quatre chantiers : celui de Didyme au Mus\u00e9e, celui des 80 pages qui fut provisoire, celui du coffret et celui des aubaines impr\u00e9visibles. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Au chantier du Mus\u00e9e, apr\u00e8s avoir partag\u00e9, dans les d\u00e9buts, la mezzanine photographique avec Jean Scherer, qui s\u2019\u00e9tait donn\u00e9 pour t\u00e2che de vider Toura de son contenu orig\u00e9nien, j\u2019\u00e9tais d\u2019abord seul \u00e0 r\u00e9gir les textes didymiens. De ces derniers, les uns, on se le rappelle, \u00e9taient mont\u00e9s \u00e0 la photographie, mais les autres dormaient encore dans les armoires, attendant les f\u00e9es qui devaient les \u00e9veiller. Des f\u00e9es, il y en eut effectivement, d\u00e8s lors et plus tard, mais saluons-les de loin. Je voudrais seulement, puisqu\u2019il y eut place pour deux dans le premier chantier, dire ma dette envers un compagnon laborieux et avis\u00e9 qui me fut associ\u00e9 plusieurs ann\u00e9es, Jean Aucagne, s.j. ; je lui dois, comme je l\u2019ai dit quelque part, une all\u00e8gre progression de mon chantier Didyme-Zacharie. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\"> Quant aux autres chantiers, il ne faut retenir que celui du coffret des \u2018418 pages\u2019, qui m\u2019a demand\u00e9 un soin constant aussi longtemps que je pus y mettre de l\u2019ordre et reconstituer des pages en miettes ; mais il m\u2019a caus\u00e9, hors d\u2019Egypte plus tard, un souci que je vais dire plus loin. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\"> Pour les commentaires des Psaumes, de la Gen\u00e8se et de l\u2019Eccl\u00e9siaste, qui se partageaient tous trois et le Mus\u00e9e et le coffret, quelques chercheurs avaient obtenu, \u2013 ce qui \u00e9tait conforme \u00e0 mes conventions initiales avec les propri\u00e9taires \u2013 communication de tout ou partie du texte didymien. Ainsi,en partant, je laissais les choses en ordre, je remettais l\u2019int\u00e9gralit\u00e9 du coffret \u00e0 ses possesseurs,et je quittais Le Caire, conscient d\u2019avoir donn\u00e9 \u00e0 la papyrologie beaucoup de passion, d\u2019y avoir acquis beaucoup d\u2019exp\u00e9rience, et d\u2019avoir \u00e9t\u00e9 utile \u00e0 plusieurs chercheurs. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Mais puisque l\u2019heuristique en papyrologie m\u2019avait impr\u00e9gn\u00e9 jusqu\u2019aux fibres, je ne me retenais pas, rentr\u00e9 en Europe, d\u2019aller visiter les \u2018stations\u2019 papyrologiques de ma connaissance. Ainsi j\u2019eus la surprise, un jour, de me trouver en pr\u00e9sence des \u2018418 pages\u2019, bien group\u00e9es, bien rang\u00e9es, bien en ordre. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\"> Bien rang\u00e9es, soit ! Mais surprise, et de taille ! il manquait la premi\u00e8re page, la page de titre, \u00e0 l\u2019un des codex. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Toutes les fois que j\u2019eus besoin de me r\u00e9f\u00e9rer \u00e0 cette page, je butais sur cette absence. Nul ne savait ce que la page \u00e9tait devenue. Rest\u00e9e au Caire ? Impossible. Je me disais que comme il y a des esprits frappeurs, il y a des esprits reteneurs en papyrologie ! C\u2019est en Espagne que l\u2019on sut finalement que s\u2019\u00e9tait envol\u00e9e notre feuille. Un vent contraire, un jour; l\u2019a fait revenir. Et comme les vents balayent aujourd\u2019hui toute l\u2019Europe, des souffles inattendus ont provoqu\u00e9, depuis, un nouveau d\u00e9part. Le codex repose maintenant sous sa page de titre, avec d\u2019autres de ses cong\u00e9n\u00e8res, loin, bien loin de sa patrie, en Espagne. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Quelques lots de Toura, par m\u00e9garde sans doute, ou plut\u00f4t sur les instances mal inform\u00e9es de l\u2019 antiquaire \u00e9gyptien, avaient pris le chemin des Papyrus Bodmer. Toura n\u2019\u00e9tait pas de taille \u00e0 voisiner avec Hom\u00e8re ou avec un saint Jean du 4e si\u00e8cle. Mais M. Bodmer avait tout de m\u00eame recueilli les membra disjecta d\u2019un commentaire des Psaumes qui aurait pu faire l\u2019objet d\u2019une publication, et il avait confi\u00e9 la chose \u00e0 M. V. Martin. Au moment o\u00f9 nous en sommes du r\u00e9cit, le travail, qui a commenc\u00e9 chez M. Bodmer, a chang\u00e9 de main, et il me serait utile d\u2019avoir de bonnes photographies du texte pour assurer les lectures de celui qui doit le publier. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Je servais d\u2019interm\u00e9diaire et je savais les difficult\u00e9s particuli\u00e8res inh\u00e9rentes \u00e0 cette op\u00e9ration de photographie : il fallait surmonter la p\u00e2leur de l\u2019encrage et d\u00e9ployer des bords encore repli\u00e9s. Il \u00e9tait toujours \u00e0 craindre que quelque manipulation impr\u00e9vue n\u2019endommage\u00e2t le papyrus. Un photographe ordinaire y r\u00e9pugnait \u00e0 cause du caract\u00e8re pr\u00e9cieux et fragile du support ancien. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">La secr\u00e9taire de M. Bodmer, consult\u00e9e, trouvait que pour la photographie elle aurait \u00e0 passer beaucoup de temps, d\u2019autant qu\u2019elle avait \u00e0 c\u0153ur de surveiller l\u2019op\u00e9ration contre un larcin possible : \u2013 \u00ab Mais si, dis-je \u00e0 M. Bodmer au cours de la conversation, je me chargeais moi-m\u00eame de la chose ? Je connais un atelier de photographie qui m\u2019a d\u00e9j\u00e0 rendu pareil service. Il est loin, mais accessible. \u00bb Je ne songeais pas \u00e0 l\u2019atelier d\u2019Ahmed ! En revanche, je songeais aux pr\u00e9cautions dont s\u2019entourait le Mus\u00e9e du Caire pour me laisser \u2013 sous surveillance, bien entendu ! \u2013 quatre feuilles de papyrus par s\u00e9ance de travail ! Or ici, la confiance de M. Bodmer fut instantan\u00e9e et totale. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">\u2013 \u00ab Eh bien, Mademoiselle, pr\u00e9parez un paquet pour le P\u00e8re. Il les emportera. \u00bb Sur mes assurances, sans restriction aucune, il me confia d\u2019un coup une cinquantaine de page<br \/>\ns de papyrus. Je les emmenai. Sur parole, je devais les rapporter dans les trois mois. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Ils furent photographi\u00e9s de la mani\u00e8re la plus satisfaisante chez mes amis papyrologues de Cologne. Ils revinrent cependant \u2013 une indisposition avait chang\u00e9 la date du retour \u2013 au bout de six mois. En leur pr\u00eatant mes pens\u00e9es, je puis dire que conscients du t\u00e9moignage de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 et de confiance qu\u2019ils ont silencieusement apport\u00e9 par leur histoire, ils ont depuis lors dormi sans regret au milieu d\u2019une collection qui a su leur donner une place honorable. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Je devais rendre visite au Directeur G\u00e9n\u00e9ral des Antiquit\u00e9s \u00c9gyptiennes. C\u2019\u00e9tait un homme aimable et savant. Il avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9tach\u00e9 de son office au Mus\u00e9e du Louvre pour tenir ici le r\u00f4le de Directeur G\u00e9n\u00e9ral. Il recevait volontiers. Pour ceux qui l\u2019ont connu, pour ses compatriotes, il \u00e9tait aussi le Chanoine Etienne Drioton. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\"> L\u2019\u00e9poque \u00e9tait aux papyrus gnostiques ;on venait de les d\u00e9couvrir dans une jarre pr\u00e8s d\u2019un lieu dit Nag Hammadi. Comme \u00e0 Toura, c\u2019\u00e9tait une d\u00e9couverte massive : 13 codex, disait-on . A l\u2019\u00e9poque o\u00f9 je p\u00e9n\u00e9trais dans le bureau du Directeur G\u00e9n\u00e9ral, ils avaient d\u00e9j\u00e0 fait parler d\u2019eux. Les paysans qui les avaient trouv\u00e9s avaient \u00e9videmment cherch\u00e9 \u00e0 les vendre. On en avait vu au Caire, notamment au Mus\u00e9e Copte o\u00f9 on avait fait acquisition de l\u2019un d\u2019eux. Cela, et le bruit fait autour, avait alert\u00e9 les services de la police des Antiquit\u00e9s. A la suite de nombreuses tractations, celle-ci, op\u00e9rant en Haute \u00c9gypte, finit par r\u00e9unir et rapatrier l\u2019ensemble des 13 volumes de la jarre, ici m\u00eame, au bureau du Directeur G\u00e9n\u00e9ral. Ils \u00e9taient bien gard\u00e9s. Il devait en \u00eatre fait une \u00e9valuation pr\u00e9alable pour r\u00e9compenser par esp\u00e8ces sonnantes le bon vouloir des d\u00e9couvreurs qui les avaient remis au Service des Antiquit\u00e9s. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\"> A mes questions, M Drioton, sans h\u00e9siter, se retourna derri\u00e8re lui et, d\u2019un geste vif, tira un large rideau. Apparut un grand coffre, en m\u00e9tal autant qu\u2019il me souvienne, au couvercle bomb\u00e9. Les 13 codex \u00e9taient dedans. Le Directeur G\u00e9n\u00e9ral se r\u00e9jouissait de les savoir tous l\u00e0. La trouvaille avait \u00e9t\u00e9 moins dispers\u00e9e que celle de Toura, et on pouvait penser que les sp\u00e9cialistes allaient bient\u00f4t pouvoir en tirer de grandes lumi\u00e8res pour la science. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\"> Il ne savait pas tout, M.le Directeur G\u00e9n\u00e9ral. Plus tard, j\u2019eus les confidences de Tano, de Tano en personne. Je les rapporte comme je les re\u00e7us . <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\"> Tano, antiquaire bien connu au Caire et tr\u00e8s r\u00e9pandu dans le pays, avait, en Haute \u00c9gypte, par lui-m\u00eame et par ses rabatteurs, \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s actif au moment de la d\u00e9couverte. Il s\u2019y \u00e9tait impliqu\u00e9 d\u00e8s le partage, connaissant des d\u00e9bouch\u00e9s, ayant de l\u2019argent et de discrets moyens de transport&#8230; Ce lui fut facile, et juste, pensait-il, de faire ce qu\u2019il fit. Alors, tandis que le Directeur G\u00e9n\u00e9ral se f\u00e9licitait du regroupement des 13 codex, lui, sans toucher au nombre de 13 reconnu par tous, s\u2019envola vers l\u2019Am\u00e9rique avec un des codex, et non le moindre, dans ses bagages. Il allait essayer de le vendre. L\u2019Am\u00e9rique, du premier coup, n\u2019en voulut pas. Il fila au Japon ; au Japon, c\u2019\u00e9tait plus cher, car les Japonais payaient mieux les choses de l\u2019Occident; il doubla la mise, mais les Japonais furent insensibles. Il revint donc en Am\u00e9rique : il tripla les ench\u00e8res. Ne pensez pas que ce fut au risque de revenir bredouille. Il savait que les Am\u00e9ricains n\u2019en voudraient pas, mais il avait fait monter les prix, c\u2019\u00e9tait l\u00e0 son astuce.. Alors il se tourna vers la Suisse, o\u00f9 pendant qu\u2019il faisait le tour du monde, ses agents avaient travaill\u00e9 de mani\u00e8re \u00e0 int\u00e9resser l\u2019 Institut Jung de Zurich, et c\u2019est en Belgique qu\u2019il n\u00e9gocia \u00e0 son profit ce qu\u2019on a appel\u00e9 le Codex Jung. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\"> Tout cela a \u00e9t\u00e9 dit, mais dans un autre style.On le trouvera notamment dans l\u2019Introduction et les articles que J. M. Robinson a consacr\u00e9s \u00e0 The Nag Hammadi library. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\"> Il me reste \u00e0 dire ce que fit Tano sans que le nombre 13 ait \u00e9t\u00e9 affect\u00e9, autre astuce. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\"> Oh, tout simplement, il divisa en deux \u2013 c\u2019\u00e9tait facile sans qu\u2019on le remarque, \u2013 le codex qui se pr\u00e9sentait \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du sien, qu\u2019il enleva. Il y en avait toujours 13. Avant qu\u2019on en f\u00eet l\u2019\u00e9tude, personne ne se douta de la supercherie. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\"> Il me dit \u00e0 peu pr\u00e8s, c\u2019\u00e9tait sa justification : \u00ab Vous comprenez ! pour vivre avec le magasin, je ne peux pas compter sur les scarab\u00e9es ou les vases trouv\u00e9s dans les tombes ; les petites pi\u00e8ces ne suffisent pas \u00e0 me faire vivre. J\u2019ai une famille. Alors, suivant les cas, je choisis une pi\u00e8ce importante et je fais porter tous mes efforts \u00e0 bien la vendre. Ainsi, peut se maintenir encore la boutique d\u2019antiquit\u00e9s \u00e0 mon nom ; il y a cent ans que les Tano se sont install\u00e9s ici, au pied duShepherd, le grand H\u00f4tel qui a disparu lors de l\u2019incendie de la ville. \u00bb <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\"> C\u2019est alors, vous vous le rappelez, que mes papyrus de Toura eurent si chaud&#8230;. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\"> Ajoutons que le \u2018codex Jung\u2019 ne pouvait pas tomber en de meilleures mains qu\u2019\u00e0 l\u2019Institut de Zurich. De l\u00e0, gr\u00e2ce aux savants, il a \u00e9t\u00e9 connu de toute la terre. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\">   <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Sortons de Toura pour conter ces deux derni\u00e8res petites histoires, car il y eut en \u00c9gypte, au temps de mon s\u00e9jour, d\u2019autres d\u00e9couvertes. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Une sorte de motte de terre, dans les ann\u00e9es 70, circula entre des mains de paysans et l\u2019\u0153il attentif de certains antiquaires. On la prenait pour une \u00ab antiquit\u00e9 \u00bb. Des brins de paille d\u00e9passaient, grossi\u00e8rement\u00e9s ciment\u00e9s par de la boue. L\u2019apparence n\u2019allait pas sans myst\u00e8re. Qui le r\u00e9soudrait ? <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Monsieur Fran\u00e7ois Daumas, alors Directeur de l\u2019Institut Fran\u00e7ais du Caire, eut l\u2019occasion, il me l\u2019a racont\u00e9, de l\u2019examiner. A supposer m\u00eame que ce p\u00fbt \u00eatre un bijou ou un scarab\u00e9e d\u2019or ou une petite sculpture en ivoire \u2013 ou un texte, mais ce n\u2019\u00e9tait gu\u00e8re possible \u2013, rien ne laissait deviner \u00e0 premi\u00e8re vue la nature de l\u2019objet, ni sa valeur. Comment miser sur un tel d\u00e9chet ? Le Directeur de l\u2019Institut Fran\u00e7ais aurait \u00e9t\u00e9 bien aise de pouvoir le faire. Mais comme Directeur, il n\u2019\u00e9tait autoris\u00e9 \u00e0 d\u00e9penser qu\u2019une modeste somme, d\u00e9risoire en regard de ses fonctions, d\u00e9risoire en tout cas au regard de la somme qui lui \u00e9tait demand\u00e9e. Il lui aurait fallu alerter les autorit\u00e9s en haut lieu et, \u00e0 supposer qu\u2019on prenne sa d\u00e9marche en consid\u00e9ration, attendre de Paris qu\u2019on inscrive la somme au budget de l\u2019ann\u00e9e suivante, attendre ensuite qu\u2019elle soit d\u00e9bloqu\u00e9e, puis vers\u00e9e\u2026 Comme c\u2019\u00e9tait l\u2019\u00e9poque du contr\u00f4le des changes, autant dire que tout \u00e9tait pr\u00e9vu pour d\u00e9courager l\u2019initiative, pour voir l\u2019occasion s\u2019envoler,et jurer, mais trop tard, que l\u2019on ne s\u2019y ferait plus prendre. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Le<br \/>\ns concurrents ne manquaient pas. L\u2019un d\u2019eux, tenace dans son inspection, remarqua une surface sur laquelle il devina, autant qu\u2019il lut, des syllabes de noms propres orientaux. Cela lui suffit pour se risquer \u00e0 l\u2019acquisition anormalement \u00e9lev\u00e9e de ce \u00ab paquet de boue \u00bb. En l\u2019espace de huit jours, il convint de l\u2019on\u00e9reuse transaction, il trouva un m\u00e9c\u00e8ne, il franchit les barri\u00e8res du contr\u00f4le des changes et il entra en possession de la chose la plus banale et la plus inattendue : un livre, \u2013 mais un livre extraordinaire, de la dimension d\u2019un timbre poste (4 cmh sur 3,5 cml), contenant sur pr\u00e8s de deux cents pages ce qu\u2019on a appel\u00e9 sur le moment l\u2019\u00c9vangile de Mani, mais pour faire plus juste ensuite le Mani codex de Cologne. Chaque page contient, si elle n\u2019est pas ab\u00eem\u00e9e , 20\/24 lignes, et chaque ligne 15\/18 lettres. Une cinquantaine de pages sont tr\u00e8s ab\u00eem\u00e9es. Mais c\u2019est un livre \u00e0 la fois volumineux et minuscule, un livre important qui r\u00e9v\u00e8le les origines, rest\u00e9es dans l\u2019ombre, de Mani et du manich\u00e9isme, un livre que l\u2019on n\u2019attendait gu\u00e8re sur les bords du Nil. L. Koenen, son inventeur, en a donn\u00e9 \u00e0 Bonn en 1985 une parfaite \u00e9dition, en m\u00eame temps qu\u2019une reproduction diplomatique. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Mais avant de clore cette histoire papyrologique et d\u2019en saluer de loin celui qui en a \u00e9t\u00e9 l\u2019acteur, il convient de dire que ce livre est \u00e9crit sur parchemin. \u00ab Sur parchemin ? \u00bb me direz-vous. Eh oui ! car vous n\u2019ignorez pas que ces petites choses \u2013 ces choses qui passent pours petites ! \u2013 ont \u00e9t\u00e9 rang\u00e9es, disons pour d\u00e9tenir un statut scientifique, dans la cat\u00e9gorie des papyrus. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Rendez-vous dans la banlieue du Caire ! Un endroit, mi brousse mi ville, o\u00f9 je n\u2019avais jamais mis les pieds. Des murs salis entourent une sorte de ferme o\u00f9 caquettent \u00e0 l\u2019envi poulets et canards. Avec mes compagnons, je m\u2019avance \u00e0 travers les flaques en choisissant mes pas. La maison est au fond, banale, mais \u00e0 l\u2019\u00e9cart des mares boueuses. Le bruit a fait sortir le ma\u00eetre. Un individu dont la figure, parmi les fellahs des alentours, ne se caract\u00e9rise pas. La barbe, hirsute, pousse en pointe. On craint, on imagine quelque rebuffade. Mais non ! Il fait entrer, met \u00e0 l\u2019aise comme on fait si bien en Orient \u2013 fadd\u2019al ! \u2013 Et puisque, d\u2019entr\u00e9e de jeu, nous lui disons que nous venons pour les papyrus, il prend un air entendu et dispara\u00eet. Le temps d\u2019examiner le divan tout simple o\u00f9 nous nous trouvons, et le voil\u00e0 de retour. Il tient dans chaque main un foulard nou\u00e9 aux quatre coins, au contenu assez rebondi pour se faire remarquer. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Ouverts sur la table, ces deux paquets lib\u00e8rent leurs papyrus. Ils lib\u00e8rent aussi, croyez-moi, l\u2019imagination du papyrologue qui les d\u00e9couvre pour la premi\u00e8re fois. Que rec\u00e8lent tous ces textes qu\u2019on avait pr\u00e9cieusement enfouis dans une jarre ? Toutes les suppositions sont possibles ; tout para\u00eet authentique, sans prix pour le moment, sans crit\u00e8re d\u2019appr\u00e9ciation, sans unit\u00e9, mais s\u2019offrant avec abondance et vari\u00e9t\u00e9. Ce qui me frappe d\u2019abord, c\u2019est le m\u00e9lange de papyrus en partie br\u00fbl\u00e9s, ou qui, du moins, paraissent porter des traces de br\u00fbl\u00e9 sur les bords, avec les autres qui ont \u00e9t\u00e9 \u00e9pargn\u00e9s et sont de bonne pr\u00e9sentation ; des formats de toutes sortes, petits formats plut\u00f4t si je les compare aux larges quaternions de Toura ; des formats carr\u00e9s, des formats allong\u00e9s, de dimensions modestes. Mais que contiennent ces textes dont l\u2019encre n\u2019a pas p\u00e2li, ces \u00e9critures grecques parfois \u00e9paisses, d\u2019autres fois \u00e9l\u00e9gantes dans leur finesse et leur r\u00e9gularit\u00e9 ? Elles ne seront pas difficiles \u00e0 lire pour un pal\u00e9ographologue. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\"> Je n\u2019ose pas prendre beaucoup de notes. Notre h\u00f4te ne dit rien. Il ne faut pas avoir l\u2019air d\u2019\u00eatre trop int\u00e9ress\u00e9, il rench\u00e9rirait sa marchandise !. Mais \u00e0 mes yeux, c\u2019est un v\u00e9ritable tr\u00e9sor, qu\u2019il a sorti de sa cachette pour nous. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Je demande \u00e0 toucher, je le fais avec les pr\u00e9cautions que vous pensez. Je soul\u00e8ve une liasse \u00e9paisse, serr\u00e9e, mais d\u00e9chiquet\u00e9e sur les bords. M\u2019appara\u00eet alors en dessous, avec la m\u00eame nettet\u00e9 que les photographies montreront plus tard, le colophon du Dyscolos, c\u2019est-\u00e0-dire la formule finale de cette pi\u00e8ce du comique M\u00e9nandre. On en connaissait le titre sans conna\u00eetre le texte. Or le texte se trouvait l\u00e0, int\u00e9gral, dans une mise en page soign\u00e9e qui mettait en vedette le nom des personnages et l\u2019intervention du ch\u0153ur. Il n\u2019y avait pas \u00e0 s\u2019y tromper ; je soulevais les pages, je lisais les noms, l\u2019ombre de Moli\u00e8re planait sur la d\u00e9couverte. Discr\u00e8tement, je le notais sur mon papier, mais un regard r\u00e9probateur de notre h\u00f4te dissuadait de trop \u00e9crire. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Il y avait le reste, tout le reste trop abondant et divers pour me retenir dans les d\u00e9tails, \u2013 trop en tout cas pour tout inscrire sous les yeux de notre h\u00f4te\u2013, mais en \u00e9cartant les cat\u00e9gories les unes des autres, je tombais en arr\u00eat sur une dizaine de feuilles pli\u00e9es en deux \u2013 ce qui fait une quarantaine de pages \u2013 formant ensemble un carnet retenu en ordre par la pliure du milieu. C\u2019\u00e9tait de l\u2019\u00c9vangile. Malheureusement mutil\u00e9. Par ses premi\u00e8res pages, il t\u00e9moignait de la fin de Saint Luc et, par les autres, des premiers chapitres de Saint Jean. Plus tard, il sera reconnu que j\u2019avais affaire \u00e0 une des s\u00e9quences d\u2019\u00e9vangile les plus longues parmi les plus anciennes, celles de la fin du 2\u00e8me \/d\u00e9but du 3\u00e8me si\u00e8cle. Pi\u00e8ce rare. Les experts, les ex\u00e9g\u00e8tes, la reconna\u00eetront sous le sigle de P75 dans les \u00e9ditions critiques du N.T. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Tout ne m\u2019apparut pas d\u00e8s le d\u00e9but avec cette nettet\u00e9, mais je savais que j\u2019\u00e9tais tomb\u00e9, dans ce fourre-tout d\u2019un paysan sans lettres, sur d\u2019importants t\u00e9moignages de culture humaine et religieuse. Le c\u0153ur, dans ce cas, trahit l\u2019\u00e9motion sans le vouloir. Avec un peu de f\u00e9brilit\u00e9, j\u2019essayais de d\u00e9gager les autres pi\u00e8ces du tas ; aucune ne rivalisait d\u2019importance avec les premi\u00e8res. J\u2019eus quelques mots alors, sur un ton calme, pour dire \u00e0 mes compagnons la bonne impression \u2013 il fallait \u00eatre modeste \u2013 que je retirais de cet ensemble passablement h\u00e9t\u00e9roclite. Elle ne pouvait pas \u00eatre meilleure, ils l\u2019avaient compris. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\"> Et d\u00e9j\u00e0, ils avaient entam\u00e9 les discussions d\u2019argent. Ce n\u2019\u00e9tait pas mon affaire. J\u2019ai su qu\u2019ils n\u2019\u00e9taient pas les premiers \u00e0 marchander. Notre homme tenait \u00e0 ses conditions : il devait marier sa fille sous peu ; \u2013 on sait quelle d\u00e9penses un mariage entra\u00eene en \u00c9gypte ! \u2013 il voulait une forte somme en argent suisse et il d\u00e9clarait que le premier \u00e0 lui remettre l\u2019argent serait celui qui obtiendrait les papyrus. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Le reste se fit sans moi. On peut lire aujourd\u2019hui le Dyscolos dans la collection des Universit\u00e9s de France et l\u2019on trouve les variantes du texte de Luc et de Jean dans les \u00e9ditions critiques du Nouveau Testament. <\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p style=\"text-align:justify;\">Adieu, lecteur. Le mot d\u2019\u00ab heuristique \u00bb ne t\u2019a pas effarouch\u00e9. Tant mieux ! Au niveau le plus simple de la recherche, il se d\u00e9cline en \u2018petites histoires\u2019. Le papyrologue d\u2019occasion que j\u2019ai \u00e9t\u00e9 a pens\u00e9 partager les joies de son m\u00e9tier en en contant quelques-unes, sans les priver du sel qui en avait, au jour l<br \/>\ne jour, relev\u00e9 la saveur. Veuillent ceux qui ne sauraient en sourire ne pas lui en tenir rigueur ! \u201d<\/p>\n<div style=\"text-align:justify;\"> <\/div>\n<p>\u2020 <a href=\"http:\/\/www.sources-chretiennes.mom.fr\/index.php?pageid=collaborateurs&amp;id=614\" class=\"std\">Louis <span class=\"auteur\">Doutreleau<\/span>, s.j.<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"M\u00e9moires d&#8217;un papyrologue, par \u2020 Louis Doutreleau, s.j. \u201c Vous vous rappelez la petite collection de papyrus qui se constituait, sans m\u00eame que j\u2019y songe, autour de moi. Ces papyrus s\u2019appelaient les uns les autres par une sorte de magn\u00e9tisme : on aurait dit que, depuis leur dispersion, ils regrettaient&hellip;\n","protected":false},"author":2,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"footnotes":""},"categories":[1],"tags":[],"class_list":["post-31","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-uncategorized"],"_links":{"self":[{"href":"http:\/\/plgo.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/31","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"http:\/\/plgo.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"http:\/\/plgo.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/plgo.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/2"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"http:\/\/plgo.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=31"}],"version-history":[{"count":0,"href":"http:\/\/plgo.org\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/31\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"http:\/\/plgo.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=31"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"http:\/\/plgo.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=31"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"http:\/\/plgo.org\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=31"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}