Garnier Fréres.

GARNIER (Auguste et Hippolyte), dits Garnier frères, éditeurs français, nés a Tourville, près de Coutances, le premier en 1812, le second en 1816, vinrent à Paris en 1828, furent quelque temps commis libraires et s’établirent en 1833 au Palais-Royal. Bientôt acquéreurs de divers fonds, tels que ceux de Delloye (l841), de Dubochet (1848) et de Salva (1849), et plus tard du fonds Langlois-Leclercq (1859), ils tentèrent, à plusieurs reprises, des formats nouveaux et des collections à bon marché. Ils exploitèrent d’abord spécialement la littérature légère et les actualités. Quelques-unes de leurs publications, produites au milieu du mouvement révolutionnaire de 1848 et 1849, comme la Vérité aux Ouvriers, aux Paysans et aux Soldats, ont atteint les chiffres, jusqu’alors inconnus en librairie, de 5 et 600 000 exemplaires. En 1858, la publication du livre de Proudhon, la Justice dans la Révolution et dans l’Eglise, leur attira une condamnation à la prison et à l’amende. Ils ont abordé depuis les grandes collections littéraires, notamment celle des Chefs d’œuvre de la littérature française, en deux formats, et celle des principaux écrivains du XVIIIe siècle, Voltaire, Diderot, la Correspondance littéraire de Grimm, etc. Comme publications classiques, ils ont réimprimé, en grande partie, la vaste collection des traductions des Auteurs latins de Panckoucke, dont ils sont devenus propriétaires en 1854. Ils ont aussi entrepris une série de Dictionnaires portatifs des langues anciennes et modernes dans le format in-32. – Le plus jeune frère de ces éditeurs, M. Baptiste-Louis GARNIER, fixé depuis 1888* au Brésil, dirigeait leur principale maison de correspondance à l’étranger, dont il devint ensuite le propriétaire.

Source : Gustave Vapereau, Dictionnaire Universel des Contemporains contenant Toutes les Personnes Notables de la France et des Pays Étrangers. Cinquième édition entièrement refondue et considérablement augmentée. Paris, Librairie Hachette et Cie. 1880. p. 778.

* Sic. Se trata evidententemente de un error, Laurence Hallewell en su libro ‘Books in Brazil’ escribe : “Baptiste Louis, after going to school in Coutance (Normandy), worked for his brothers until 1844, when he ‘decided to go out to Brazil, confident that in a new and ambitious country there would be ample prospects for developing a business in bookselling’. He arrived in Rio de Janeiro on June 24th 1844, having travelled on the Stanislas, in the company of Camille Cléau, a bastard of the Duc de Berry (second son of King Charles X) who, as Frei Camillo de Monserrate, was to direct the National Library from 1853 until his death seventeen years later.” N. del Trans.

Transcripción: Francisco Arriaga. México, Frontera Norte. 03 Septiembre 2009.

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La librairie Garnier Frères, installée depuis 1852 dans le célèbre hôtel du Gouvernement de Paris, 6 rue des Saints Pères, avait acquis, Avenue du Maine, le fonds de commerce de l’Abbé Migne, sa maison d’édition et le terrain attenant détruits par un incendie en 1868. Garnier fait construire un énorme édifice destiné à stocker ses productions. Là s’installent les rédacteurs qui bénéficient de la présence féminine de « Lolot », la fille du concierge de l’immeuble.

A la manera de Madelón, la heroína de la cancioneta militar, de tener cantina es probable que hubiera hecho feliz a un regimiento. Limitada a una portería, se contentaba con la redacción del diccionario. Discreta, sin embargo, nos saludaba por igual a todos; únicamente luego este o el otro redactor recibía un recadito por el mozo de cuadra, avisando que un señor deseaba verle y estaba esperándole afuera. El interesado bajaba, y en lugar de un señor, encontraba a la porterita de ojos virginales. (López, 1927 : 151)

Cet extrait dépeint l’atmosphère qui régnait dans la salle de rédaction. A côté de personnes sérieuses (les directeurs et le commandant Prieto), une certaine frivolité transparaissait. Les horaires étaient assez élastiques et certains, aux dires de López Lapuya, venaient là non seulement par amour de la lexicographie, mais pour rechercher un peu de conversation entre compatriotes, et surtout pour le salaire (« Garnier pagaba [un franco por hora] para hacer el Diccionario Enciclopédico. » Bonafoux, 1907 : 225)

Source : Denise FISCHER HUBERT. “La publication d’un dictionnaire encyclopédique espagnol à Paris à la fin du XIXe siècle: le Diccionario Enciclopédico de Garnier Frères“, ‘4. Le local de la rédaction.’ En ‘La cultura del otro: español en Francia, francés en España. Actas.’ Sevilla, España. 2006. p. 494.

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DES ÉDITIONS GARNIER AUX ÉDITIONS CLASSIQUES GARNIER: 1833-2008

En 1833, Auguste et Hippolyte Garnier, originaires de la Manche, ouvrent sous les arcades du Palais-Royal, alors l’un des centres les plus animés de la capitale, une librairie dans la tradition des libraires-éditeurs du XIXe siècle. Ils sont bientôt rejoints par un autre de leurs frères, Pierre. Très vite, l’établissement prospère et les frères Garnier rachètent les fonds de Delloye, Dubochet et Salvat, éditeurs des grands écrivains romantiques, puis le fonds classique de Panckoucke. Ils se lient avec Sainte-Beuve, Musset, Gautier, Sand, Vigny, dont ils éditent certaines œuvres.

La Maison Garnier Frères gagne encore en prestige en s’installant, en 1853, dans l’ancien hôtel du gouvernement, à l’angle de la rue de Lille et de la rue des Saints-Pères. Les frères Garnier travaillent à diversifier et à améliorer leur catalogue. Ils publient de nombreux dictionnaires, des ouvrages de vulgarisation, des livres pour la jeunesse et ils poursuivent leurs publications littéraires: collections de classiques latins et grecs et œuvres modernes (les Causeries du lundi de Sainte-Beuve, la Correspondance de Grimm, les Œuvres complètes de Chateaubriand…).

C’est en 1896 que les premiers «Classiques Garnier» apparaissent, issus d’une fusion des collections «Classiques latins», «Classiques grecs» et «Bibliothèque choisie».
La nouvelle collection propose, selon la formule du catalogue, les «meilleurs ouvrages français et étrangers, anciens et modernes à prix modiques». C’est une réussite où l’on trouve, dès lors, de nombreuses références aux «Classiques Garnier» dans la littérature autobiographique.
C’est ainsi que Jean Giono se souvient qu’il recevait deux francs par dimanche et que “les Anatole France coûtaient trois francs cinquante chez Calmann-Lévy, Euripide, Eschyle, Sophocle, Aristophane, Virgile, coûtaient 0,95 F. dans les Classiques Garnier. Avec mes deux francs, j’avais deux de ces gens-là et il me restait deux sous. Avec les deux sous je timbrais ma lettre, car il n’y avait pas de libraires à Manosque et je commandais directement à Paris. On doit avoir chez Garnier une belle série de ces lettres de 1911 jusqu’à la guerre de 1914.” (Jean Giono, De Homère à Machiavel)

Dès le début de la collection le jaune s’impose pour la couverture: un papier jaune d’abord, qui tire parfois vers l’ocre ou le beige, un papier imprimé en jaune ensuite. Avec l’arrivée des illustrations en couverture dans les années 1960 (d’abord sous forme de jaquettes), le jaune, recouvert d’un pelliculage devient plus brillant, plus lumineux: le jaune «Garnier» que tout le monde connaît.

Progressivement, durant le XXe siècle, le principe de l’édition savante prend le pas sur celui de l’édition à prix modique si bien qu’un accord sera passé avec Flammarion, dans les années 1960, pour exploiter au prix du poche les «Classiques Garnier» délestés de leur appareil critique. C’est la création de Garnier Flammarion, qui devient autonome en 1979, sous la marque GF Flammarion.

Lorsque les Éditions Garnier Frères déposent leur bilan en juin 1983, le fonds est repris par Les Presses de la Cité. La collection «jaune» rassemble alors quelques deux cents titres conçus selon des principes éditoriaux qui n’ont pratiquement pas été modifiés depuis lors:

  • – un catalogue constitué des œuvres fondamentales des grandes littératures européennes,
  • – des éditions assurées par les meilleurs spécialistes,
  • – un établissement de texte impeccable,
  • – des appareils critiques de premier ordre,
  • – une présentation claire et soignée.

InfoMédia acquiert la collection en 1998 avec pour premier souci d’assurer la pérennité des principes éditoriaux qui ont fait depuis plus d’un siècle la renommée des «Classiques Garnier».

Les Classiques Garnier sont exploités depuis 2008 par les Éditions Champion Électronique. Sous la direction éditoriale de Claude Blum, Classiques Garnier devient une maison d’édition résolument moderne, spécialisée en littérature et en sciences humaines, qui publie sur trois supports: grand format, format électronique et poche.
Les deux premiers titres parus dans les nouveaux Classiques Garnier/Poche, Théophile de Viau, Œuvres poétiques et Voltaire, Dictionnaire philosophique, ont été mis au programme des Agrégations des Lettres pour l’année 2008-2009.
Dans le même temps une co-édition des Classiques Garnier avec le journal Le Monde permet de diffuser auprès du grand public, durant 25 semaines, entre septembre 2008 et février 2009, l’intégrale de La Comédie Humaine de Balzac présentée et annotée par les meilleurs spécialistes.

Source: Éditions Classiques Garnier, ‘Notre maison‘.

Garnier Frères – Dossier. PLGO.

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